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Entente toujours cordiale entre Trump et Takaichi, malgré l'Iran... et Pearl Harbor
information fournie par AFP 19/03/2026 à 22:34

Le président américain Donald Trump et la Première ministre japonaise Sanae Takaichi dans le Bureau ovale à la Maison Blanche, le 19 mars 2026 à Washington ( AFP / Jim WATSON )

Le président américain Donald Trump et la Première ministre japonaise Sanae Takaichi dans le Bureau ovale à la Maison Blanche, le 19 mars 2026 à Washington ( AFP / Jim WATSON )

La Première ministre japonaise a préservé jeudi sa bonne entente avec Donald Trump, malgré la retenue de Tokyo face à l'offensive américaine contre l'Iran et en dépit d'une stupéfiante allusion du président américain à l'attaque de Pearl Harbor.

Le dirigeant républicain, qui ne tarit pas d'éloges pour Sanae Takaichi depuis leur rencontre au Japon à l'automne dernier, a salué sa bonne volonté face à ses demandes d'aide pour sécuriser le transport maritime dans le Golfe.

"Je pense que, d'après les déclarations qui nous ont été faites hier et avant-hier concernant le Japon, ce pays monte vraiment au créneau, oui", a déclaré le président américain aux côtés de la Première ministre dans le Bureau ovale, ajoutant après une pause: "pas comme l'Otan".

Il n'a pas précisé quelles étaient ces "déclarations" ni quels engagements la dirigeante japonaise avait pris, elle qui a plusieurs fois appelé à tenir compte des contraintes légales propres à son pays.

La Constitution japonaise, imposée en 1947 par les Etats-Unis, implique de renoncer à la guerre.

- "Surprise" -

Dans le moment le plus frappant de l'entrevue, Donald Trump a d'ailleurs fait allusion directement à ce contexte historique.

Lorsqu'un journaliste japonais lui a demandé pourquoi il n'avait pas prévenu ses alliés dont le Japon du déclenchement de la guerre en Iran, le président américain a répondu avoir voulu garder l'élément de surprise.

"Qui connaît mieux les surprises que le Japon ?", a-t-il lâché. "Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de Pearl Harbor?"

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi écoute le président américain Donald Trump lors d'une rencontre dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 19 mars 2026 à Washington ( AFP / Jim WATSON )

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi écoute le président américain Donald Trump lors d'une rencontre dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 19 mars 2026 à Washington ( AFP / Jim WATSON )

L'ombre d'une grimace a semblé passer sur le visage de la Première ministre japonaise, qui s'est reculée dans son fauteuil.

Le Japon a mené une attaque surprise contre la marine américaine à Pearl Harbor, à Hawaï, en décembre 1941, provoquant l'entrée en guerre des Etats-Unis.

La scène rappelle une rencontre en juin entre Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz.

Le républicain, avec sa conception binaire de l'Histoire, dans laquelle il voit des "vainqueurs" ou des "perdants", avait lancé que le débarquement allié de juin 1944 n'avait pas été "une très bonne journée" pour les Allemands.

Le dirigeant allemand avait répliqué que cette journée avait conduit à la fin du régime nazi.

- Accolade -

La réunion jeudi a débuté par une chaleureuse accolade entre le dirigeant républicain et la conservatrice de 65 ans.

Le président américain Donald Trump serre la main de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi lors d'une rencontre dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 19 mars 2026 à Washington ( AFP / Jim WATSON )

Le président américain Donald Trump serre la main de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi lors d'une rencontre dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 19 mars 2026 à Washington ( AFP / Jim WATSON )

Donald Trump a eu de nombreux compliments pour Sanae Takaichi, une "personne très spéciale", une "femme formidable".

La rencontre s'annonçait délicate pour la Première ministre, qui n'est pas allée jusqu'à promettre d'envoyer des forces militaires pour aider à rouvrir le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran.

La guerre porte un coup conséquent à la sécurité énergétique japonaise. Quatrième économie mondiale, le Japon est le cinquième importateur de pétrole et quelque 70% de ses approvisionnements transitent par le détroit.

Sanae Takaichi a dit que le Japon "condamnait" les attaques de l'Iran contre les pays de la région, et a présenté le président américain comme seul capable d'apporter la "paix" dans le monde.

- Petits réacteurs nucléaires -

Le républicain avait appelé dimanche ses alliés, dont le Japon, et la grande rivale des Etats-Unis, la Chine, à fournir leur assistance pour rouvrir le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole.

Les refus successifs de la quasi-totalité des pays alliés ont provoqué la fureur de Donald Trump.

Depuis, le Japon s'est associé à la France, au Royaume-Uni, à l'Allemagne, à l'Italie et aux Pays-Bas pour se dire "prêt à contribuer" à sécuriser le détroit.

Sanae Takaichi a aussi souligné dans le Bureau ovale que "l'environnement sécuritaire devenait de plus en plus difficile" dans la zone Asie-Pacifique.

Alors que la relation entre le Japon et la Chine s'est tendue récemment, Tokyo s'inquiète en effet d'un possible désintérêt de l'administration Trump face aux ambitions chinoises dans la région.

Sur le plan commercial, Etats-Unis et Japon ont annoncé qu'une société commune américano-japonaise investirait jusqu'à 40 milliards de dollars dans la construction de petits réacteurs nucléaires (SMR) aux Etats-Unis, où les deux pays vont également collaborer pour bâtir des sites d'exploitation de gaz naturel, à hauteur de 33 milliards de dollars.

3 commentaires

  • 23:44

    une demande d'aide n'est en aucun point une obligation qui ne doit sous aucune forme être prise pour une obligation qui se doit d'être considérée comme telle.


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